Voici les réponses aux questions les plus posées sur la sélectivité alimentaire.
Qu'est-ce que la sélectivité alimentaire ?
La sélectivité alimentaire va bien au-delà des simples 'caprices' à table. C'est un refus rigide, persistant et très angoissé de consommer une grande variété d'aliments, souvent basé sur leur texture (morceaux, purées), leur couleur, leur température ou leur odeur. Contrairement à une simple Néophobie alimentaire (qui est une phase passagère et normale vers 2-3 ans), l'Hyper sélectivité alimentaire enfant entraîne souvent des carences, des repas très conflictuels et nécessite une prise en charge par un professionnel formé.
Quels sont les troubles de l'oralité alimentaire chez l'enfant ?
Un Trouble d'oralité alimentaire regroupe l'ensemble des difficultés touchant la sphère buccale. Cela inclut l'hypersensibilité (réflexe nauséeux très fort au moindre contact), l'hyposensibilité (l'enfant remplit ses joues sans avaler), ou la grande difficulté à passer du lisse aux morceaux. Un Orthophoniste trouble oralité alimentaire évalue finement ces dysfonctionnements sensoriels et moteurs pour aider l'enfant à accepter sereinement de nouvelles sensations en bouche sans déclencher de crise de panique.
Qu'est-ce que le trouble de la sélectivité alimentaire ?
C'est un trouble restrictif de l'alimentation (connu sous le nom d'ARFID) où l'individu restreint drastiquement son panel alimentaire. Ce n'est absolument pas lié à une préoccupation pour son poids, mais plutôt à un dégoût sensoriel extrême ou à la peur panique de s'étouffer. Si ce trouble n'est pas traité durant l'enfance, il peut perdurer et se transformer en Hyper sélectivité alimentaire adulte, rendant les repas sociaux extrêmement anxiogènes et compliqués à gérer au quotidien.
Quel est le lien entre l'autisme et la sélectivité alimentaire ?
La sélectivité est extrêmement fréquente chez les enfants présentant un Trouble du Spectre de l'Autisme (TSA). En raison de leurs particularités sensorielles atypiques (hypersensibilité olfactive, gustative ou tactile), l'introduction de nouvelles textures est souvent vécue comme une véritable agression physique. L'enfant autiste a également besoin de routines très rigides : il peut exiger de manger toujours la même marque de biscuits. Un accompagnement doux par un professionnel est alors indispensable.
Comment aider un enfant avec un trouble de l'oralité ?
La première règle d'or est de stopper totalement le forçage. Obliger un enfant hypersensible à avaler un aliment détesté renforce puissamment son traumatisme buccal. Il faut désensibiliser la sphère orale par le jeu : toucher la nourriture avec les doigts, faire des 'peintures' avec de la purée, manipuler sans obligation de goûter. Un Orthophoniste alimentation vous guidera avec un protocole de massages désensibilisants à réaliser quotidiennement à la maison pour banaliser le contact oral.
Un orthophoniste peut-il m'aider à apprendre à mâcher ?
Oui. L'orthophoniste est le grand spécialiste de la sphère oro-myo-faciale. Si l'enfant (ou un adulte post-AVC) ne sait pas mâcher, avale tout rond ou stocke indéfiniment les aliments dans ses joues, c'est souvent dû à un manque de tonus lingual ou maxillaire. Par des exercices de praxies (musculation de la mâchoire) et l'utilisation de tubes à mâcher, le praticien va mécaniser le mouvement de mastication, essentiel pour sécuriser la déglutition.
Quel âge trouble de l'oralité ?
Un trouble de l'oralité peut se manifester dès les tout premiers jours de vie (difficulté extrême de succion au sein, refus de la tétine). Cependant, il devient généralement flagrant au moment charnière de la diversification alimentaire vers 6 mois (refus total de la cuillère), ou lors de l'introduction compliquée des morceaux vers 9-12 mois (haut-le-cœur immédiat, vomissements). Si ces blocages perdurent au-delà de quelques semaines, il ne faut surtout pas attendre pour consulter.
Qu'est-ce que le syndrome TAP ?
Le TAP (Trouble de l'Alimentation Pédiatrique) est le terme médical englobant toutes les difficultés d'alimentation chez l'enfant, qu'elles soient d'origine médicale (reflux gastro-œsophagien), nutritionnelle, motrice ou psychosociale. C'est exactement pour cette raison qu'un Orthophoniste trouble alimentaire pédiatrique travaille toujours en étroit réseau avec un pédiatre, un gastro-entérologue, un diététicien et parfois un psychologue, afin de lever l'ensemble des freins qui empêchent l'enfant de s'alimenter sereinement et avec plaisir.
Qui est le plus touché par les troubles de l'oralité alimentaire ?
Ces troubles touchent principalement les grands prématurés (ayant subi des intubations prolongées ou des sondes gastriques intrusives), les enfants porteurs de troubles neurodéveloppementaux (autisme) ou d'anomalies génétiques. Toutefois, de plus en plus d'enfants nés à terme et sans antécédent médical particulier développent des troubles de l'oralité. C'est souvent lié à un reflux gastrique interne (RGO) non détecté qui a rendu les repas douloureux, poussant l'enfant à associer la bouche à la douleur.
Quelle est l'origine des troubles du comportement alimentaire ?
Il faut bien distinguer un trouble de l'oralité d'un Trouble du Comportement Alimentaire classique (TCA type anorexie ou boulimie). Les TCA sont avant tout d'origine psychiatrique, liés à l'image faussée du corps, apparaissant souvent à l'adolescence. À l'inverse, l'origine de l'hyper sélectivité infantile est purement neuro-sensorielle ou motrice. L'enfant veut fondamentalement manger, mais son cerveau interprète très mal les signaux tactiles ou olfactifs, créant un véritable blocage physique involontaire face à l'assiette.
Quels sont les 4 signes majeurs de l'autisme ?
Dans la petite enfance, les quatre grands signaux d'alerte sont : un trouble de la communication (absence de babillage ou retard de langage), une altération des interactions sociales (fuit le regard, absence de pointage), des comportements stéréotypés et répétitifs, et enfin, des particularités sensorielles très marquées. C'est précisément cette puissante hypersensibilité sensorielle (toucher, goût, odorat) qui explique pourquoi la sélectivité alimentaire est l'un des motifs de consultation les plus fréquents.
Le gluten est-il lié à l'autisme ?
D'un point de vue strictement scientifique, aucune étude validée n'a jamais prouvé que le gluten était la cause de l'autisme, ni qu'un régime d'éviction guérissait ce trouble neurodéveloppemental. Cependant, beaucoup d'enfants autistes souffrent de troubles gastro-intestinaux sévères concomitants. Soulager ces maux de ventre (parfois via des ajustements diététiques rigoureux prescrits par un gastro-entérologue) permet d'apaiser l'enfant, de réduire ses troubles du comportement et de le rendre plus disponible pour la rééducation orthophonique.
Quels sont les trois types de troubles alimentaires ?
Dans la classification médicale, on distingue souvent trois grands axes distincts : les TCA psychiatriques (anorexie, boulimie), les troubles de l'oralité et de l'alimentation pédiatrique (dysphagie, difficultés de mastication, hypersensibilité extrême), et enfin le trouble de restriction de l'ingestion d'aliments (ARFID). L'orthophoniste intervient spécifiquement sur le deuxième et troisième axe, là où la mécanique complexe de la bouche ou le traitement sensoriel neurologique de l'aliment empêchent une alimentation normale et sereine.
Qu'est ce que la Phobie alimentaire adulte ?
La Phobie alimentaire adulte est une peur irrationnelle et incontrôlable de manger certains aliments ou, très souvent, la peur d'avaler (phagophobie). Cela fait souvent suite à un traumatisme brutal (un épisode d'étouffement avec une arête ou un morceau dur), ou résulte d'une sélectivité infantile non traitée. L'adulte ne se nourrit plus que de liquides ou de purées lisses par peur panique de la fausse route. L'orthophoniste l'aide à rééduquer sa déglutition pour le rassurer.
Quelles sont les bonnes habitudes pour les repas ?
Pour prévenir les blocages, le repas familial doit rester un moment convivial, sans écrans distractifs, d'une durée maximale de 30 minutes. Il ne faut jamais forcer physiquement un enfant, ni utiliser le dessert comme un outil de chantage. Proposez l'aliment refusé sous différentes formes (cru, cuit, en purée, en gratin) au moins 15 fois avant de conclure qu'il ne l'aime vraiment pas. Laissez-le toucher, patouiller et sentir avant d'exiger impérativement qu'il goûte.